Covid-19 : vers un nouveau confinement ? Emmanuel Macron doit trancher cette semaine

Emmanuel Macron va décider, ou pas, d'un nouveau tour de vis au niveau national cette semaine. Les chiffres de ce mardi seront déterminants.

© Benoit Tessier/AFP

Alors qu'un conseil de défense doit se tenir mercredi matin, Emmanuel Macron va décider ou non d'un nouveau tour de vis au niveau national. Si les chiffres actuels sont préoccupants, ceux de ce mardi seront déterminants dans la prise de décision.

Se dirige-t-on vers un troisième confinement national ? Même si "rien n'est décidé" selon Emmanuel Macron, qui s'est exprimé dimanche dans le JDD, cette semaine s'annonce une nouvelle fois décisive alors que le pays est dans la troisième vague de l'épidémie de Covid-19. 

"Pour les jours qui viennent, nous allons regarder l’efficacité des mesures de freinage et nous prendrons si nécessaire celles qui s’imposent", a notamment assuré le chef de l'Etat dans l'hebdomadaire, alors qu'un nouveau conseil de défense est prévu mercredi matin.

Selon BFMTV, l'exécutif attend les chiffres de ce mardi - ceux du lundi étant légèrement faussés - pour trancher. Le président se laisse ainsi 48 heures pour voir si les restrictions mises en place dans 19 départements portent leurs fruits ou non. 

Des chiffres équivalents à ceux de la deuxième vague

Si les données ne se dégradent pas plus, Emmanuel Macron devrait essayer de tenir comme ça, sans prendre de nouvelles mesures. Mais si les courbes continuent de grimper, ce qui semble être le cas, il devra alors prendre des décisions fortes.

"Si mardi on passe les 50.000 cas en 24 heures, je ne vois pas comment on tient. Tout le monde va nous dire que le 'freiner sans enfermer' n’a pas eu d’effet", admet un conseiller de l'exécutif à Politico.

En regardant les chiffres de plus près, 4.974 personnes sont actuellement en réanimation en France. Le pic de la deuxième vague de l'automne dernier (4.903) est donc dépassé. Sans oublier que 27.712 patients sont hospitalisés à l'heure actuelle à cause du Covid-19.

Autre donnée alarmante : le taux d'incidence. Il est, ce lundi 29 mars, de 370,6 cas pour 100.000 habitants. Il n'avait pas été aussi élevé depuis le 11 novembre 2020 (371,8). La France subissait alors la deuxième vague de l'épidémie.

 

Fermeture complète des écoles ?

Selon le dernier rapport du ministère de l'Education nationale, le nombre de nouveaux cas dans les établissements scolaires a augmenté de près de 37% pour les élèves, 39% pour les professeurs, au cours de la semaine écoulée. En plus, 148 établissements et 3.256 classes étaient fermés vendredi.

Ainsi, faut-il fermer les écoles compte tenu de la situation ? La question se pose de plus en plus ces derniers jours. Alors qu'un nouveau protocole sanitaire est entré en vigueur ce lundi matin dans les 19 départements confinés - désormais une classe ferme dès qu'un cas apparaît - Emmanuel Macron juge le sujet non-tabou. 

"Nous faisons tout pour renforcer les protocoles sanitaires afin de pouvoir maintenir les écoles ouvertes. Leur fermeture complète doit demeurer un dernier recours et une mesure limitée au maximum dans le temps", explique le président dans le JDD.

Sur BFMTV, dimanche soir, Rémi Salomon, président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP, s'est montré catégorique. "Nous sommes arrivés à une situation où il faut appuyer sur tous les freins, y compris dans les écoles. Il faut les fermer avant les vacances de Pâques et les rouvrir très vite, le primaire en premier", avance le spécialiste.

Des médecins critiquent la gestion du gouvernement

Comme Rémi Salomon, ce week-end, bon nombre de médecins se sont exprimés sur la situation alarmante dans laquelle se trouvent de nombreux hopitaux français et franciliens surtout.

Dans une tribune parue dans le JDD, samedi 27 mars, 41 directeurs médicaux de crise de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) évoquent une "situation de médecine de catastrophe", disant se préparer à devoir "faire un tri des patients afin de sauver le plus de vies possibles".

Ils assurent n'avoir "jamais connu une telle situation, même pendant les pires attentats subis ces dernières années".

Dans une autre tribune, publiée dans Le Monde, dimanche 28 mars, neuf médecins de l'AP-HP critiquent la gestion de crise de l'exécutif. Ainsi, selon eux, "en imposant aux soignants de décider quel patient doit vivre, le gouvernement se déresponsabilise de façon hypocrite. Il est temps qu'il assume clairement et publiquement les conséquences sanitaires de ses décisions politiques".


Sylvain Porlon

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