La carte d’identité électronique, nouveau rempart contre les faussaires

D’un format de carte de crédit, la nouvelle carte nationale d’identité électronique incorpore deux empreintes digitales et une photographie dans une puce hautement sécurisée.

Selon les experts, il s’agit d’un des documents les plus sécurisés au monde. D’un format de carte de crédit, la nouvelle carte nationale d’identité électronique (CNIe) dispose a priori d’assez de verrous pour dissuader les faussaires les plus talentueux. Dévoilée officiellement ce mardi après-midi à l’Imprimerie nationale par Marlène Schiappa, ministre déléguée en charge de la citoyenneté auprès du ministre de l’Intérieur, ce document ressemble au nouveau permis de conduire.

 

 

 

Supportant des éléments en relief pour les personnes malvoyantes, il incorpore deux empreintes digitales et une photographie de son titulaire dans une puce sécurisée qui permettra de lutter de façon efficace contre l’usurpation d’identité. « Cela permettra aussi de simplifier le renouvellement ou la réédition de cette carte en cas de perte ou de vol, grâce à la puce sécurisée qu’elle contient », précise-t-on au ministère de l’intérieur où l’on précise que cette carte est très difficilement falsifiable. Par ailleurs, un cryptogramme et un cachet électronique visible (CEV) contiennent les informations d’état civil (nom, prénom, sexe, numéro d’identité, nationalité, pays, signature électronique).

 

Pour « durcir » la protection de ce document, les experts de l’agence nationale des titres sécurisés (ANTS) ont par ailleurs enrichi la nouvelle carte électronique d’un fond sécurisé comportant des symboles visibles à la loupe qui se prolongent sur les bords transparents de la carte, d’un dispositif holographique de nouvelle génération ainsi que d’une image changeante sur la photographie. Enfin, la date d’expiration au verso de la carte permet de vérifier que l’image du titulaire n’a pas été modifiée.

33.000 victimes d'usurpation d'identité en 2020

« On ne résout pas des problèmes de 2021 avec des solutions de 1995 (en référence à la date de la précédente carte d’identité), confie au Figaro Marlène Schiappa. La réalité, c’est que plus de 33 000 de nos compatriotes sont victimes tous les ans de ces usurpations d’identité. Que nos forces de sécurité, en 2020, ont intercepté près de 9 000 personnes porteuses de faux papiers et démantelé une trentaine de filières criminelles. Le coût pour les victimes et la collectivité est considérable. C’est aussi une atteinte à la citoyenneté. »

Selon nos informations, pas moins de 33 288 victimes de fraudes à l’identité ont été dénombrées l’année dernière malgré la pandémie. « Les Français, qui disposent d’un produit de bonne qualité que l’État va leur délivrer gratuitement, vont devoir être moins négligents avec leurs documents administratifs, confie au Figaro le commissaire divisionnaire Didier Martin, chef de la division expertise de la fraude documentaire et à l’identité. Bien souvent, en cas de pertes et de vols, nos concitoyens ne déposent pas plainte et nous avons retrouvé ainsi des milliers de papiers dans le cadre d’affaires en 2020. » Établies indûment à partir de documents d’état civil qui, eux, ne sont non pas sécurisés, les actuelles cartes d’identité étaient copiées dans des officines en Turquie, dans les Balkans ou encore en Thaïlande où une partie de la voyoucratie française passe ses vacances. En 2019, les services de police et de gendarmerie ont relevé 45 000 plaintes et plus de 8 000 faux ont été interceptés ainsi que 32 filières criminelles démantelées. Plus que jamais, les trafics de documents volés ou contrefaits favorisent l’immigration illégale, font exploser une fraude sociale évaluée à 30 milliards d’euros par le magistrat Charles Prat - bien loin des estimations de la Sécurité sociale - et servent de supports aux escroqueries sur internet.

Présentée comme un « titre robuste », la nouvelle carte électronique, en polycarbonate et à inscription laser, est prévue pour un usage de dix ans sans atteinte à la lisibilité. Dernière nouveauté : les usagers ont également la possibilité d’indiquer deux adresses au verso pour les enfants en résidence partagée. L’ancien format de la carte d’identité ne sera plus produit à partir du 2 août 2021, mais les détenteurs d’une CNI valide peuvent la garder jusqu’à la date de péremption.


Sylvain Porlon

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